Paul
Le persécuteur qui a changé de camp sur la route
Il allait à Damas avec des mandats d’arrêt en main. Il s’est relevé aveugle, l’argument de sa vie en morceaux. De ce retournement sortent treize lettres et la moitié du Nouveau Testament.
Son histoire
Paul apparaît d’abord en gardant les vêtements de ceux qui lapident Étienne, et en approuvant sa mort. Il était pharisien, fils de pharisiens, formé à Jérusalem par le meilleur maître de la ville, et convaincu que ce mouvement nouveau était un blasphème à couper net. Il a demandé des lettres pour aller à Damas et ramener enchaînés les disciples de la Voie. Il avait la loi pour lui et la conscience tranquille.
Aux portes de Damas, une lumière le jette à terre et une voix lui pose la question qui réorganise sa biographie : pourquoi me persécutes-tu. Il se relève aveugle. Il passe trois jours sans manger ni boire chez un inconnu, jusqu’à ce qu’arrive Ananias — qui avait discuté l’ordre d’aller le voir, non sans raisons — et l’appelle « Saul, mon frère ». Viennent ensuite des années de silence en Arabie et à Tarse, avant que Barnabas n’aille le chercher pour Antioche.
Suivent une vingtaine d’années sur les routes : trois grands voyages par Chypre, l’Asie Mineure, la Macédoine et la Grèce, à fonder des communautés dans des villes portuaires et à les tenir ensuite par lettre. Il travaillait de son métier, la fabrication de tentes, pour n’être à charge de personne. La liste qu’il dresse lui-même en 2 Corinthiens 11 est le meilleur résumé de sa vie : cinq fois trente-neuf coups, trois naufrages, des prisons, un jour et une nuit dans l’abîme, périls des fleuves, des brigands et des faux frères.
Un conflit de fond traverse toutes ses lettres : fallait-il devenir juif pour entrer ? Il a dit non, s’est opposé publiquement à Pierre là-dessus et a emporté la décision au concile de Jérusalem. C’est pour cela que le christianisme est sorti de Palestine. Il a fini prisonnier, a fait appel à César comme citoyen romain, a fait naufrage en route vers l’Italie et a passé deux ans en résidence surveillée à Rome, recevant des visites et écrivant. Les Actes s’arrêtent là, sans dire comment il est mort.
Moments clés
- Actes 7:58 – 8:3 — À la lapidation d’Étienne, du côté de ceux qui jettent les pierres.
- Actes 9:1-19 — Le chemin de Damas, la cécité et Ananias.
- Actes 13–14 — Premier voyage : Chypre et le sud de l’Asie Mineure avec Barnabas.
- Actes 15 — Le concile de Jérusalem : les païens entrent sans passer par la loi.
- Actes 16 — Philippes : la prison, le tremblement de terre et le geôlier.
- Actes 17:16-34 — Le discours de l’Aréopage, à Athènes, devant l’autel « au dieu inconnu ».
- 2 Corinthiens 11:23-28 — Sa propre liste de coups, de naufrages et de nuits dehors.
- Actes 27–28 — Le naufrage à Malte et les deux ans de garde à Rome.
Ce que cela enseigne
Paul est la preuve que personne n’est hors d’atteinte. Le texte n’en fait pas un chercheur sincère à qui il manquait un coup de pouce : il allait arrêter des gens. La scène d’Ananias, qui résiste à l’idée d’aller le voir parce qu’il sait très bien qui il est, est là pour qu’on n’y lise pas une conversion confortable.
Son autre leçon porte sur la force. Il a demandé trois fois qu’on lui retire un mal physique qu’il appelle « une écharde dans la chair » et la réponse a été non. Ce qu’il a reçu à la place — « ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » — résume sa théologie mieux que tout le reste : ce qui tient debout n’est pas la capacité propre.
Passages à lire
Les textes cités sont ceux de la Bible Louis Segond 1910, dans le domaine public. Touchez une référence pour ouvrir le chapitre entier.
- Actes 9:4-5
Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes.
- Actes 9:15
Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ;
- Galates 2:20
J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.
- Philippiens 3:7-8
Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur.
- 2 Corinthiens 12:9
et il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.
- Romains 8:38-39
Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.
- 2 Timothée 4:7
J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi.
Lisez-les à leur place
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